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Des informations générales sur Minorque et l'Immobilier à Minorque

MINORQUE, LE DERNIER JOYAU MEDITERRANEEN

Discrète et préservée, la petite île des Baléares attire les touristes aisés en quête d’authenticité.

Ce petit poucet de l’archipel des Baléares en avait assez de jouer les seconds rôles à l’ombre de ses deux grandes soeurs, Ibiza et Majorque. Elle tient aujourd’hui sa revanche en attirant une clientèle aisée.

 

Petite île espagnole d’à peine 700 kilomètres carrés, Minorque a longtemps été snobée par les touristes mais connaît un incroyable regain d’intérêt depuis une dizaine d’années. Etonnamment, les raisons de ce long désamour sont les mêmes qui en font aujourd’hui une destination ultratendance : Minorque n’est pas facile d’accès, elle est discrète, presque secrète. L’histoire veut que l’île fut “punie” par Franco pour avoir choisi de rester républicaine pendant la guerre civile, contrairement à Majorque et Ibiza qui se sont rangées du côté des nationalistes. Le Caudillo priva alors ce petit coin de paradis d’un aéroport digne de ce nom tandis que le reste des Baléares s’ouvrait au tourisme de masse, accueillant à bras ouverts les vacanciers avides de soleil.

L’île a connu, il est vrai, un premier essor touristique dans les années 1970 avec la construction d’hôtels peu chers, ciblant les Anglais et les Allemands, puis… plus rien, le calme plat jusqu’à ce qu’une clientèle, plus aisée et à la recherche de destinations confidentielles, en fasse de façon très récente son nouvel eldorado. En 2011, ils étaient 3.200 Français à découvrir Minorque. En 2017 ? 62.700 ! Vingt fois plus, une augmentation remarquable dans le secteur du tourisme.

 

Nature et patrimoine

 

Comment expliquer cette popularité si soudaine ? Pour Marimar Rey, de l’office espagnol du tourisme, c’est l’authenticité de l’île qui fait toute sa singularité. “Minorque est à part, explique-t-elle. Elle propose une ore exceptionnelle qui rassemble culture, patrimoine et nature. En 2018, elle fêtera par exemple ses 25 ans comme destination classée Réserve de la biosphère. Les visiteurs actuels sont à la recherche d’une biodiversité préservée et d’une culture locale véritable.” Une analyse que partage Vincent Grégoire, de l’agence de prospective Nelly Rodi. “Minorque est un diamant brut, confie-t-il. Il y existe une relation presque animale avec la nature.”

 

Pour ce décrypteur de tendances, les cartes sont en train d’être rebattues dans l’archipel des Baléares. ”Après avoir été le paradis des hippies dans les années 1970, Ibiza est devenue l’île festive que l’on connaît, mais, à l’heure actuelle, il y a une volonté très forte de la faire monter en gamme (Sublimotion, le restaurant le plus cher du monde – 1.500 euros le couvert – vient d’y élire domicile, NDLR). On cherche à virer les fêtards. Cette clientèle historique est petit à petit récupérée par Majorque. L’île de Formentera, elle, est plus jet-set, ultrabobo, mais très italienne. Minorque récupère les puristes, les vrais amoureux de la mer et de la nature. Ceux qui veulent qu’on leur fiche la paix.”

 

Les prix des maisons secondaires s’envolent

 

Ces “puristes” de la nouvelle heure, Emmanuel Mériot les connaît par coeur. Minorquin par sa mère, cet amoureux inconditionnel de l’île y passe toutes ses vacances depuis cinquante-trois ans. Il a eu le temps d’observer les changements qui s’y opèrent et sur lesquels il pose un regard aussi amusé que franchement agacé. “Il y a un vrai snobisme autour de Minorque, s’exaspère-t-il. Des gens qui n’y auraient pas mis les pieds il y a six ans la trouvent tout à coup formidable !”

Et si la clientèle étrangère préfère toujours les clubs, nos compatriotes, eux, se ruent sur les résidences secondaires. “Les Français achètent en masse”, confirme-t-il. Les prix s’envolent tandis que le coût de la vie augmente. Une villa de 430 mètres carrés à Sant Lluis avec accès direct à la mer s’affiche à 2,7 millions d’euros. Pour la même surface, sans vue mer, mais avec piscine, il faut débourser 1,5 million d’euros. Une propriété de quatre chambres, qualifiée de “rustique”, aux alentours de Mahon, l’une des deux villes principales de l’île, est estimée à 1,4 million d’euros. Mais le produit qui s’arrache chez les bobos, c’est la “finca”, cet ancien corps de ferme typique de l’Espagne, ce qui fait d’ailleurs doucement rire Emmanuel Mériot : “Ils achètent sans savoir que ce sont des maisons extrêmement humides, très difficiles à entretenir…”

Réunir confort et authenticité, c’est le défi que vient de se lancer Jean Moueix, petit-fils du fondateur de Petrus et dirigeant actuel de la holding familiale. Conscient des attentes de cette nouvelle clientèle, il a plusieurs projets pour l’île, dont le rachat d’une “finca” de 800 mètres carrés à l’abandon, près de Ciutadella, qu’il projette de transformer en petit hôtel très haut de gamme. “On veut vendre une expérience, cone-t-il. L’idée, c’est de plonger le client en autarcie totale puisque, de la vigne aux produits qu’il trouvera dans son assiette, tout sera fait sur place. Même les gels douche !” Non, décidément, Minorque ne veut plus jouer les belles endormies.

 

Une revanche sur ses prestigieuses voisines

 

Population : Les îles Baléares comptent 1 million d’habitants, dont 80% vivent à Majorque. Viennent ensuite Ibiza et Formentera, qui se partagent 11% de la population, puis Minorque, et ses 94.000 habitants. Une population plutôt rurale et très accueillante.

Transports : On peut évidemment y accéder par bateau, mais plusieurs compagnies aériennes ont ouvert des lignes directes depuis la France. Sur Vueling, on peut, par exemple, trouver en plein mois de juillet un aller Paris-Mahon sans escale à partir de 74 euros.

Visiteurs : Chaque année, Minorque accueille 1,7 million de touristes, dont 60.000 Français. Pas de quoi troubler la tranquillité des 550.000 Anglais venus y bronzer en 2017. Les Italiens et les Allemands sont également très friands de l’île.

 

Source : https://www.capital.fr/lifestyle/minorque-la-derniere-pepite-preservee-de-la-mediterranee-1296800